Campagne HALICAL 1


Informations générales



Objectifs :


La campagne HALICAL 1 s’est inscrite dans le cadre du programme ZoNéCo. Son objectif principal était de réaliser une estimation des potentialités halieutiques par pêches à la palangre de fond entre 500 et 800 m dans le Nord et sur la Ride des Loyauté, zones qui furent cartographiées par l’EM 12 du N.O. «L’Atalante » durant la campagne ZoNéCo 2. De plus, des dragages ont été réalisés afin de collecter des dents fossiles du requin géant disparu, Procarcharodon megalodon, dans le but d'en reconstituer une mâchoire en grandeur nature pour exposition dans le hall de l'ORSTOM.


Contexte scientifique :


Le ZoNéCo a pour objectif  l'évaluation des ressources marines de la zone économique de Nouvelle-Calédonie. La phase tactique, telle que définie dans le « Descriptif des travaux », comprend la réalisation d'un certain nombre d'opérations de prospections halieutiques. Parmi celles-ci, figurent des campagnes de pêches exploratoires à la palangre de fond entre 300 et 800 m de profondeur dans les boîtes Nord et Loyauté. HALICAL 1, réalisée à bord du N.O. « ALIS » de l'ORSTOM, fut la première campagne de ce type. Elle bénéficia partiellement de l'existence des cartes bathy-morphologiques d'une partie du Grand Passage, de la Côte Ouest, de la Côte Est et des îles Loyauté effectuées avec l’EM 12 à bord du N.O. « L'Atalante » lors de la campagne ZoNéCo 2 (Laffoy et al., 1994) qui facilita le choix des sites et les opérations de pose et de relevage des engins. Du fait que la pêche artisanale aux vivaneaux porte sur les profondeurs 200-450 m, les pêches exploratoires réalisées durant la campagne HALICAL 1 n'ont volontairement concernées pour l'essentiel que les profondeurs 500-800 m qui sont demeurées jusqu'à présent inexplorées dans ces zones.


Résumé :



La campagne HALICAL 1 du N.O. « ALIS » de I’ORSTOM s’est déroulée du 21 novembre au 1er décembre et du 12 au 23 décembre 1994 dans le Nord et sur la Ride des Loyauté dans le cadre du programme ZoNéCo. 38 poses de palangres furent effectuées, dont 16 dans le Nord et 22 sur la Ride des Loyauté. Deux palangres d’environ 1000 hameçons furent mises à l’eau chaque jour, ce qui a représenté un effort de pêche total de 37 700 hameçons. Les prises furent identifiées, dénombrées et pesées au niveau spécifique. 42 espèces différentes furent capturées pour un poids total de 4792 kg dont 2294 kg (48 %) d’espèces commerciales, toutes dépourvues d’ichtyosarcotoxisme. Ces dernières étaient representées par les beryx Beryx decadactylus et B. splendens, la loche bagnard Epinephelus septemfasciatus (1 exemplaire), les vivaneaux rouges Etelis carbunculus et E. coruscam, la brême noire Eumegistus illustris, la sériole argentée Hyperoglyphe antarctica (2 exemplaires) et enfin le petit et peu fréquent vivaneau cerf-volant Pristipomoides argyrogrammicus. Les captures de vivaneaux étaient nettement dominées par le chien rouge Etelis carbunculus dont la taille individuelle moyenne élevée approchait 10 kg ; pour cette espèce, les rendements maximums en nombre et en poids furent enregistres à 550 m de profondeur, des captures intervenant jusqu’à 600 m ; ces gros individus profonds pourraient constituer un stock de reproducteurs demeuré jusque-là hors d’atteinte des pêcheurs professionnels. Les beryx, et principalement Beryx splendens, étaient présents presque partout mais en quantités insuffisantes pour faire l’objet d’une exploitation commerciale du type de celle qui concerna durant près de 4 ans les monts sous-marins du sud-est de la zone économique de Nouvelle-Caledonie. Les B. splendens étaient de petite taille. Ils firent l’objet de prélèvement de muscles en vue d’études génétiques destinées à mettre en évidence la présence d’un ou de plusieurs stocks en Nouvelle-Caledonie. La brême noire Eumegistus illustris, de taille individuelle moyenne égale à 4,7 kg, fut capturée à  15 stations entre 400 et 700 m ; presque inconnue des consommateurs, cette espèce est susceptible de présenter dans le futur un réel intérêt économique pour la pêche artisanale. Les prises des requins se sont élevées à 1682 kg, soit 35 % des captures totales ; il s’agissait presque essentiellement des petits requins Centrophorus moluccensis et Squalus cf. megalops ; consommables, ces espèces sont pourtant encore peu commercialisées, bien que la seconde soit déjà présente sur le marché aux poissons sous le nom de «  saumonette » du Pacifique. 13 % des captures étaient représentées par les « escoliers » (Gempylidae). Ces espèces très grasses seraient consommables après préparation spéciale pour en éliminer l’huile. D’autres campagnes exploratoires de ce type devraient être envisagées dans le but de préciser les résultats obtenus durant HALICAL 1. Enfin, les opérations de cartographie réalisées par le N.O. « L’Atalante » devraient être complétées par utilisation d’un engin performant par petits fonds (EM 1000) de façon à rendre les profondeurs 100-800 m plus facilement accessibles à la pêche artisanale.

Résultats-Valorisation :