Campagne NORFOLK 1


Informations générales



Objectifs :


Les objectifs de la campagne étaient :

- Échantillonner la faune benthique des monts sous-marins de la Ride de Norfolk.

- Compléter l'inventaire zoologique.

- Tester des hypothèses de génétique des populations permettant d'expliquer les très forts taux d'endémisme observés.

- Étudier les réseaux trophiques en zone bathyale par la technique des isotopes stables (C, N).


Contexte scientifique :


Connus depuis longtemps par les pêcheurs japonais, ces monts sous-marins, au nombre d’une quinzaine, ont fait l’objet de plusieurs campagnes d’échantillonnages zoologiques depuis 1985 (CHALCAL 2, BATHUS 3). Les récoltes particulièrement riches, en quantité comme en nombre d’espèces, ont conduit à s’intéresser plus en détail à cette zone. Les principaux monts sous-marins qui culminent entre 230 et 850 m de profondeur ont reçu des noms, et des campagnes à objectifs halieutiques eurent lieu entre 1993 et 1996 (campagnes BERYX 1 à 12, et HALIPRO 2). Toutefois, l’intérêt principal de ces monts sous-marins ne résidait pas dans leurs ressources de pêche. Interpellés par la grande richesse spécifique et l’extrême nouveauté des récoltes zoologiques, les biochimistes organisèrent leurs propres campagnes océanographiques pour extraire des molécules actives de ces organismes de profondeur (SMIB 1 à 10 ; LITHIST). Des résultats très prometteurs furent obtenus et de nombreuses nouvelles molécules actives décrites chez les spongiaires et les échinodermes principalement.

Pour les zoologistes, ces monts sous-marins de la Ride de Norfolk se révélèrent très riches en espèces et permirent la description dans plusieurs groupes zoologiques de véritables « fossiles vivants ». A plusieurs reprises, les spécialistes décrivirent cette faune comme plus proche de celle de la fin de l’ère secondaire que de la faune actuelle (RICHER DE FORGES, 2000). Ce fût le cas plus spécialement pour les spongiaires, les brachiopodes et les échinodermes. Le nombre anormalement élevé d’espèces archaïques laisse en effet supposer que cette région de l’Indo-Pacifique aurait suivit une évolution privilégiée, à l’écart des grands remaniements tectoniques. Après les quelques années nécessaires aux études taxonomiques et à la création de bases de données, il devint possible de comparer entres elles les faunes récoltées sur chacun des monts sous-marins. Une autre surprise attendait les chercheurs : la similarité faunistique entre les monts restait toujours inférieure à 50 % (RICHER DE FORGES et al., 2000). Un taux d’endémisme apparent aussi élevé était tout à fait inattendu dans un milieu océanique supposé dispersif entre des reliefs distants d’à peine quelques dizaines de kilométres. Devant l’intérêt scientifique considérable de cette région, un nouveau programme de recherche fût lancé en 2000 pour améliorer l’inventaire zoologique et biochimique et aborder les problèmes de l’endémisme et de la spéciation à l’aide de la biologie moléculaire. La campagne NORFOLK 1 est la première de ce nouveau programme.


Résumé :



La campagne NORFOLK 1 a eu lieu du 19 au 29 juin 2001 sur les monts sous-marins de la Ride de Norfolk, au sud de la Nouvelle- Calédonie. Dix monts sous-marins ont été échantillonnés au cours d’opérations de dragages et de chalutages. En plus des habituelles récoltes zoologiques, des études ont porté sur la génétique des populations pour aborder le problème des flux géniques entre les populations de ces monts sous-marins. Une étude des réseaux trophiques par la technique des isotopes stables a débuté.

Résultats-Valorisation :