???msg.field.campaign.label??? MUSORSTOM 8


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Explorer et inventorier la faune bathyale de la zone économique de Vanuatu.


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Les îles les plus au sud de l'arc des Nouvelles-Hébrides, situées dans la zone économique de la Nouvelle- Calédonie, Matthew et Hunter, ainsi que les monts sous-marins situés au sud de l'île d'Anatom, avaient fait l'objet de deux petites campagnes exploratoires en 1989, VOLSMAR et GEMINI (LABOUTE et al, 1989 ; BARGIBANT et al., 1989). Par ailleurs, en juillet 1993, le N.O. "L'Atalante" avait effectué, dans cette région, des relevés bathymétriques qui ont été mis à notre disposition; nous avons ainsi pu trouver aisément des zones chalutables.

LABOUTE, P., LARDY, M., MENOU, J.-L., MONZIER, M. & RICHER DE FORGES, B., 1989.  La campagne "VOLSMAR" sur les volcans sous-marins du sud de l'arc des Nouvelles-Hébrides (N.O. Alis, 29 mai au 9 juin 1989). Rapports de Missions, Sciences de la Terre, Géologie, Géophysique, ORSTOM Nouméa, (11), 22 p.

BARGIBANT, G, GRANDPERRIN, R., LABOUTE, P., MONZIER, M. & RICHER DE FORGES, B., 1989.  La campagne "GEMINI" sur les volcans sous-marins de Vanuatu. N.O. Alis (ORSTOM) du 3 au 7 juillet 1989. Rapports de Missions, Sciences de la Terre, Géologie, Géophysique, ORSTOM Nouméa, (12), 13 p.


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Travaux effectués :

186 opérations ont été effectuées :

- 104 chalutages

- 6 casiers posés

- 76 dragages

La campagne MUSORSTOM 8, réalisée à bord du N. O. "Alis", s'est déroulée dans les eaux de Vanuatu du 19 septembre au 14 octobre 1994. Cent quatre-vingt-six opérations de dragages et de chalutages ont eu lieu dans la zone bathyale supérieure, sur les pentes des îles et sur le sommet du guyot Bougainville. De grandes superficies chalutables ont été découvertes entre 300 et 1000 m de profondeur. La faune benthique est riche, bien diversifiée, mais semble d'une composition très différente de celle de la Nouvelle-Calédonie : les Spongiaires et les Stylastérides, en particulier, ne contribuent pas de façon significative à la physionomie des peuplements.

Cette différence tient probablement à diverses raisons :

- historiques : La Nouvelle-Calédonie est un ancien fragment du continent de Gondwana, alors que l'archipel de Vanuatu est le fruit d'un volcanisme d'arc relativement récent ;

- géomorphologiques : Une fosse de subduction profonde de plus de 6 km sépare les deux régions, limitant sans doute la dispersion de certaines espèces ;

- hydrologiques : près de 10° de latitude séparent le nord de Vanuatu du sud de la Nouvelle-Calédonie ce qui, à ces latitudes (14°-25°S), se traduit par des conditions hydrologiques fort différentes.

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LES FACIÈS DES RÉCIFS SURÉLEVÉS ET LA FAUNE BATHYALE

L'intense activité tectonique de cette région a provoqué d'importants mouvements verticaux sur certaines îles et l'on observe des faciès récifaux surélevés, en particulier dans les îles de Santo et Malekula. A Santo, ces mouvements de surrection sont de l'ordre de 1 à 7 mm/an et toute la partie est de l'île est constituée d'un plateau calcaire supposé s'être formé il y a 125.000 ans (JOUANNIC et al, 1980). L'âge de ces dépôts calcaires est mesuré avec une assez bonne précision par étude des radioéléments (Carbone 14, Uranium/Thorium). La profondeur à laquelle se sont formés ces faciès est estimée d'après l'étude des organismes fossiles qui s'y trouvent. Ainsi les gisements situés au sud-ouest de Santo sur la Kere river et la Navaka river, à 5 km à l'intérieur des terres et actuellement à 70 m d'altitude, sont datés respectivement de 25.280 +/- 460 ans et 14.000 ans et considérés comme s'étant formés à plus de 50 m de profondeur (LADD, 1976 ; 1982). Les auteurs qui ont examiné la faune associée à ces gisements (foraminifères, bryozoaires, crustacés décapodes, crustacés cirripèdes) s'accordent pour penser qu'il s'agit d'une faune vivant à plus de 50 m. Parmi les volutes du Pleistocene, Lyria mallicki Ladd, 1976, et Lyria santoensis Ladd, 1976 (= L. planicosta), seule cette dernière a été retrouvée dans la faune actuelle mais les autres espèces du genre Lyria sont connues de Nouvelle- Calédonie dans les profondeurs bathyales. La faune décrite de ces gisements est caractéristique de la faune bathyale supérieure (150-300 m de profondeur). D'après notre expérience de la faune bathyale, nous pensons que cette faune vivait au minimum à 150 m de profondeur et qu'en conséquence, les valeurs de surélévation de ces terrains proposées par les géologues (environ 170 m) sont sous-estimées.

JOUANNIC, C, TAYLOR, F. W., BLOOM, A. L. & BERNÂT, M., 1980. — Late quaternary uplift history from emerged reef terraces on Santo and Malekula Islands, central New Hebrides Island arc. UN ESCAP, CCOP/SOPAC Tech. Bull., 91-108.

LADD, H. S., 1976.  Two Pleistocene Volutes from the New Hebrides. The Veliger, 18 (2) : 134-138.

LADD, H. S., 1982. Cenozoic fossil mollusks from Western Pacific Islands ; Gastropods (Eulimidae and Volutidae through Terebridae). Geological Survey Professional Paper 1171 : 1-91.

REMARQUES SUR LA FAUNE DE PROFONDEUR DE L'ARCHIPEL DE VANUATU

  • Spongiaires : Alors que dix ans d'exploration en Nouvelle-Calédonie nous avaient accoutumés à des peuplements bathyaux très riches en éponges dont plusieurs groupes archaïques (Lévi, 1991), la zone bathyale de Vanuatu s'est révélée remarquablement pauvre en spongiaires.

LÉVI, C, 1991.Lithistid Sponges from the Norfolk Rise. Recent and Mesozoic Genera. In : J. REITNER & H. KEUPP (eds), Fossil and Recent Sponges. Springer-Verlag, Berlin : 72-82.

  • Stylastérides : Seul un très petit nombre d'espèces a été trouvé, même dans les zones où les substrats rocheux et les conditions courantologiques supposées semblaient propices à leur présence.
  • Mollusques : Les familles Conidae et Muricidae sont faiblement représentées par rapport aux fonds de Nouvelle- Calédonie.
  • Poissons : L'utilisation des chaluts à perche et à crevettes a permis la récolte de nombreuses espèces de poissons appartenant à 81 familles. La faune ichtyologique profonde de l'Indo-Pacifique demeure très mal connue. Les collections accumulées depuis quinze ans par les campagnes MUSORSTOM et assimilées sont en cours d'études. Cependant, aux îles Hawaii, un programme de recherche utilisant un submersible a apporté beaucoup d'informations sur le comportement des organismes benthiques et en particulier des poissons (CHAVE & MUNDY, 1994).

CHAVE, E. H. & MUNDY, B. C, 1994. Deep-sea benthic Fish of the Hawaiian Archipelago, Cross Seamount, and Johnston Atoll. Pacif. Sci., 48 (4) : 367-409.

  • Parasites de poissons : Durant la campagne MUSORSTOM 8, les parasites externes et internes des poissons ont été systématiquement récoltés et fixés. Les principaux groupes de parasites observés sont des crustacés isopodes et copépodes, des acanthocéphales, des plathelminthes (monogènes, trématodes, cestodes) et des némathelminthes (nematodes). 162 poissons, appartenant à 42 familles dont les plus représentées sont celles des Chlorophthalmidae, Macrouridae et Scorpaenidae, ont été disséqués. Les branchies et plus précisément les 4 arcs branchiaux droits (les 4 arcs gauches ayant été réservés pour la détermination des espèces de poissons-hôtes), et la totalité du tube digestif ont été, dans la plupart des cas, prélevés en vue de la recherche, la récolte et la fixation de tous les parasites rencontrés. Les parasites inventoriés se répartissent en 7 groupes dont 3 pour les branchies (copépodes, isopodes et monogènes) et 4 pour le tube digestif (trématodes, nematodes, cestodes et acanthocéphales). Il n'est pas encore possible de proposer de conclusion relative à la diversité des parasites. On peut cependant indiquer les observations suivantes : la famille des Nomeidae (4 individus disséqués seulement) est la seule, sur les 42 prospectées, qui ne présente aucun parasite, à l'inverse, celle des Chlorophthalmidae (23 individus disséqués) héberge des parasites appartenant aux 7 groupes inventoriés. De plus, 30 familles-hôtes sont parasitées par au moins 2 groupes de parasites. Par ailleurs, au sein des familles de poissons-hôtes étudiées, les parasites à cycles indirects (trématodes, nematodes pour la plupart, cestodes et acanthocéphales), qui ont besoin d'un ou de plusieurs hôtes intermédiaires (vertébrés et/ou invertébrés) pour effectuer leur cycle, apparaissent globalement mieux représentés (présence dans la quasi totalité des familles-hôtes prospectées, prévalence relativement élevée) que ceux dont le cycle est direct (copépodes, isopodes et monogènes). Ce premier résultat est le reflet d'une importante diversité spécifique d'hôtes (vertébrés et invertébrés) puisqu'au niveau parasitaire, il est établi que toute augmentation de la diversité biologique des hôtes, accroissant les relations inter-spécifiques dans un écosystème, favorise l'installation, le développement et la circulation de parasites à cycles indirects. En conséquence, on doit s'attendre à une diversité spécifique élevée des parasites présents dans de tels milieux.