???msg.field.campaign.label??? MUSORSTOM 3
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- Combler les lacunes sur les Neoglyphea, notamment en capturant une femelle adulte. Les caractéristiques des parties génitales femelles étaient particulièrement importantes pour caractériser les différentes lignées des Crustacés Décapodes, ainsi que l’étude des affinités phylétiques éventuelles de Neoglyphea, et, donc des Glyphéides.
- Poursuivre la prospection de la faune benthique des Philippines et son extension à un nouveau secteur géographique.
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Le Crustacé Décapode Neoglyphea inopinata (Forest et de Saint Laurent) a été décrit en 1975 d'après un spécimen incomplet recueilli aux Philippines en 1908 par le navire V. S. Albatross. Depuis lors, le Muséum national d'Histoire naturelle et l'Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM) ont organisé en commun deux campagnes en vue de retrouver ce représentant actuel du groupe mésozoïque des Glyphéides.
En mars 1976, le N. O. Vauban (MUSORSTOM 1) 1 en a capturé neuf spécimens, alors qu'en novembre 1980 le N. O. Coriolis (MUSORSTOM 2) n’en obtenait qu'un seul. L'espèce était alors connue par onze spécimens en tout, tous des mâles adultes, à l'exception d'un juvénile de chaque sexe. Les structures génitales femelles étant particulièrement importantes pour caractériser les différentes lignées de Crustacés Décapodes, l'étude des affinités phylétiques éventuelles de Neoglyphea et, partant, des Glyphéides, nécessitait l'examen d'une femelle adulte. C'est pour combler cette lacune dans la connaissance de l'espèce qu'une troisième campagne MUSORSTOM a été envisagée, avec également comme objectif la poursuite de la prospection de la faune benthique des Philippines et son extension à un nouveau secteur géographique.
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Travaux effectués :
- 48 chalutages (chalut à perche)
- 11 dragages (drague Forest)
- 1 station hydrologique
Suite aux expéditions précédentes (MUSORSTOM 1 et 2), cette troisième campagne visait à poursuivre la suite de la prospection de la faune benthique des Philippines et son extension à un nouveau secteur géographique. De plus, afin de combler les lacunes de connaissances de l’espèce Neoglyphea inopinata, cette campagne cherchait à récolter des spécimens femelles, manquant aux récoltes antérieures.
Lors de cette expédition, 60 stations ont été explorées, 48 chalutages et 11 dragages et une station hydrologique à proximité des fonds à Glyphéides, de 13 à 1400 m de profondeur.
Des femelles adultes Neoglyphae inopinata ont été capturées. De plus, les récoltes obtenues ont mis en évidence qu’à des niveaux bathymétriques identiques (entre 200 et 1000m), la faune benthique du détroit de Tablas diffère notablement de celle observée entre Lubang et Luçon. Des espèces non recueillies jusqu’alors ont été rencontrées.
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Bilan des trois premières campagnes MUSORSTOM
En ce qui concerne les recherches sur les Glyphéides actuelles, grâce à ces trois campagnes, 12 spécimens ont été récoltés, dont dix mâles adultes. Ainsi, la description de l’espèce a pu être complétée, au moins en ce qui concerne son sexe. Sa distribution, apparemment très restreinte, a été précisée, et les conditions de capture ont fourni des éléments d’information sur son écologie et son éthologie.
L’interprétation des structures morphologiques ont permis de formuler certaines hypothèses, en particulier sur le caractère probablement abrégé de son développement, avec une phase pélagique courte voir absente. De même d’autres hypothèses ont pu être émises, sur la composition de la population de Neoglyphea en fonction des tailles observées aux différentes époques de l’année où ont eu lieu les récoltes.
Les apports de ces explorations en ce qui concerne la faune des Philippines doivent, avant tout développement, prendre en compte les zones échantillonnées. Elles sont situées au large des Philippines, des abords de Manille au détroit de Tablas, s’étend dans les eaux intérieures jusqu’au nord et au sud de la mer de Sibuyan, avec quelques stations au nord-est de Cebu. Les recherches ont été intensives sur les fonds à Glyphéides, avec plus de 70 chalutages entre 180 et 210 mètres de profondeur dans un rayon de moins de deux milles. En dehors de ces stations, les stations ont été effectuées entre une vingtaine de mètres et 1 600 mètres, mais la majorité dans la zone bathyale, de 200 à 1 000 mètres. Ce n’est donc qu’une faible partie du domaine marin des Philippines qui a été prospectée. Certes, bon nombre d’espèces sont très largement distribuées à travers l’archipel. Cependant, à des profondeurs comparables, on observe des différences de peuplements entre des localités relativement proches. A plus fortes raisons, d’autres régions, plus ou moins éloignées peuvent abriter une faune notablement distincte. Tout à fait significative à cet égard, la comparaison des collections des campagnes MUSORSTOM dans un espace géographique restreint et celle de l’Albatross, qui, de 1908 à 1910, a pratiquement couvert toutes les Philippines. En revanche, dans d’autres régions, l’Albatross a recueilli beaucoup d’espèces absentes de nos récoltes.
Limitées sur le plan géographique et dans une certaine mesure sur le plan bathymétrique, puisqu’il n’y a eu que peu de stations au-delà de 1 000 mètres, les campagnes MUSORSTOM ont montré la très grande richesse du benthos philippin. En un peu plus de 200 chalutages ou dragages réalisés en 30 jours en tout, des collections zoologiques considérables ont été rassemblées. Cependant, la richesse du matériel est telle que la fraction étudiée jusqu’en 1985 ne correspond qu’à une infime part de sa masse globale. En effet, dans des groupes dont les échantillons sont particulièrement nombreux et diversifiés comme les Mollusques Gastropodes et les Crustacés Décapodes, l’étude ne peut progresser que pas à pas, famille par famille ou même genre par genre.
De même d’autres groupes abondamment représentés comme les Coelentérés, dans leur ensemble sont en 1985 totalement inexploités, lié à la pénurie mondiale de taxonomistes.
En 1985, on recensait 1 100 taxa nouveaux environ liés surtout à la première campagne MUSORSTOM avec 160 espèces nouvelles et près de 20 genres ou sous-genres nouveaux.
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